Depuis que Luce est venu suivre un stage à la maison il y a plusieurs années, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et elle a suivi sa voie. Voici ce qu’elle écrit aujourd’hui:

‘’Luce Leclerc, puisqu’il faut se définir : Coach et spécialiste en éducation et comportement équin, j’ai aujourd’hui 49 ans, fan de chevaux, d’humains et accro à la nature.

Les chevaux se sont révélés à moi comme étant une véritable merveille de la création. Leur beauté, leur gentillesse, leurs capacités de communication et d’adaptation, le respect et l’intérêt qu’ils peuvent avoir pour tout être vivant, etc.. tout ceci me charme depuis toujours. Ce cheval, qui nous donne l’illusion d’être centaure et nous reconnecte à la nature, a toujours alimenté mon jardin secret.

Mon expérience m’a montré à quel point toutes ces qualités sont ignorées voire même niées par la plus part des gens du «monde équestre». Et pourtant, j’ai rencontré des non-cavaliers, des agriculteurs, des amoureux de la nature qui eux reconnaissaient instinctivement toutes ces valeurs. La tradition équestre si chère au cœur des français ne serait-elle pas à l’origine de cette étroitesse de vue ?
L’espèce équine n’est-elle pas bien surnommée « La plus noble conquête de l’Homme » ? Alors je pose la question : En quoi est-il noble de le rouer de coups, de crier, le fracasser sur des obstacles, le faire tourner en rond pendant des heures, le faire voyager si souvent (camion, bateaux avion), le nourrir et le soigner avec des molécules de synthèses, le faire procréer contre sa volonté (entraves, hormones, insémination), le faire vivre isolé dans des lieux « aseptisés » et encore tant d’autres choses si éloignées de son univers.
Comment peut-on penser qu’il se fiche de nous, qu’il le fait exprès, qu’il est bête, insensible, taré.. ? nous devrions plutôt dire qu’il est incompris de nous et « raté » par nous même, car aucun poulain ne naît méchant ou fou, aucun cheval fait ne fait exprès d’avoir peur, et que quand il a peur, c’est ancestral, il a peur de mourir tout simplement. Comme le dit Bill Dorrance « Ne reprochez pas à votre cheval d’avoir un comportement de cheval ! »
J’observe beaucoup d’incompétence, de méconnaissance, d’idées reçues, d’injuste anthropomorphisme, tout cela depuis 35 ans et cherche à comprendre comment un humain pourrait donner humblement un peu de noblesse à cette conquête. Comment obtenir son partenariat, c’est à dire comment lui demander de faire des choses pour nous tout en conservant sa bonne volonté et en préservant son esprit intact ? Tel est l’objet de ma quête.

Grâce aux chevaux qui sont venus à moi (je n’ai choisi aucun de ceux qui m’appartiennent), et à des rencontres géniales, j’ai étudié le dépannage en maréchalerie et suis arrivée au Parage Naturel, j’ai étudié les soins et la diététique équines et suis arrivée aux médecines alternatives, j’ai étudié l’entretien des terres et suis arrivée à l’agriculture Bio dynamique et la traction animale, j’ai étudié l’équitation et suis arrivée au Natural Horsemanship, j’aborde le dressage aujourd’hui avec cette nouvelle base.

Ce que j’ai compris :

Il y a des chevaux qui vivent dans le monde des humains, loin de leur milieu naturel. Ils alimentent les rêves, les phantasmes et les projets des humains et n’ont plus d’autre utilité que d’être eux-mêmes.
Il y a des humains, qui la plupart du temps n’ont pas assez de formation à l’élevage, aux soins ou à l’éducation des chevaux et qui veulent pourtant en avoir avec eux pour concrétiser leur rêve.

Au coeur de la problématique, il y a la sécurité, l’aspect économique et encore l’être humain qui se fabrique individuellement une représentation subjective de la réalité et qui vit en fonction de celle-ci. Quelle conception doit-il avoir du cheval pour être apte à le maintenir en vie dans un monde que celui-ci ne comprend pas comme nous et ou il n’a plus sa place ?
Un jour Bartabas m’a dit entre 4 yeux : « Vous croyez faire le bien et vous leur faites du mal ». Oui, de quoi m’éclairer sur mon incompétence inconsciente !! Mais à cela, un jour, le Dr Poëncet me suggéra : « Donnez donc à vos chevaux une vie de cheval ! » c’est ce que j’aurais du répondre au premier !!!

Ce que j’en ai conclu :

Coté cheval :

Mon expérience m’a appris que seule l’approche globale (holistique) de l’animal (mental, émotionnel, physiologie) permet la cohérence et l’efficacité, ainsi qu’une relation harmonieuse.
Il reste alors à transmettre les connaissances, enseigner les savoir-faire, aider à l’apprentissage.

Coté humain :

Il est nécessaire d’agir sur la représentation que l’humain a du cheval et de sa position à ses cotés, ainsi que sur sa capacité à développer des savoir-faire et savoir-être avec les chevaux. Ces deux thèmes ne sont jamais abordés et sont pourtant à la base des difficultés rencontrées, quelque soit la discipline ou l’utilisation du cheval. De toute évidence, c’est un parcours de développement personnel plus ou moins ardu suivant les candidats.

Depuis 10 ans, l’arrivée du Natural Horsemanship en Europe a fait découvrir l’éthologie équine et prône l’observation du comportement animal, le respect des besoins de celui-ci et de son point de vue, nous amène à des pratiques équestres plus raisonnées, plus efficace, qui offrent aux chevaux des traitements plus en adéquation avec leur nature. Beaucoup d’enthousiasme et de bonne volonté de la part des cavaliers entourent cette nouvelle vague.

(Lire la suite → site de l'Ecole des chevaux)